Un hiver à Majorque (1838)
De la nota del lingüista Joseph Tastu (Perpinyà, 1787 - París, 1849) inclosa a Un hiver à Majorque (1842) d'Aurore Dupin, George Sand (París, 1804 - Nohant, 1876). Ella i Chopin van passar l'hivern del 1838 a l'illa i van constatar que l'idioma nacional no era el castellà. Dibuix: el cementiri de Valldemosa per George Sand.
Peces històriques triades per Josep Maria Casasús[...] A Majorque, le castillan n'est guère employé que dans les circonstances officielles; mais dans la vie habituelle, chez le peuple comme chez les grands seigneurs, vous n'entendrez parler que le majorquin. Si vous passez devant le balcon où unes jeune fille, une Atlote (du mauresque aila, lella ), arrose ses fleurs, c'est dans son doux idiome national que vous l'entendez chanter: " Sas atlotes, tots es diumenges, / quan no tenen res més que fer, / van a regar es claveller, / dient-li: Beu! Ja que no menges! ". La musique qui accompagne les paroles de la jeune fills est rythmée à la mauresque, dans un ton tristement cadencé qui vous pénètre et vous fait rêver. […] Le majorquin, surtout dans la bouche des femmes, a pour l'oreille des étrangers un charme particulier de suavité et de grâce. Lorsqu'une majorquine vous dit ces paroles d'adieu, si doucement mélodieuses: " Bona nit tenga! Es meu cô no basta per dir li: Adios! ". Il semble qu'on pourrait noter la molle cantilène comme une phrase musicale. […] Je me permettrai de citer un exemple de l'ancienne langue académique. C'est le Mercader mallorquí, troubadour du quatorzième siècle, qui chante les rigueurs de sa dame et prend ainsi congé d'elle: "No m'aucirà vostre esguard amorós, ne la semblança gaya, car trobat n'ay / altra qui m'play /sol qui lui playa! ". […] Les majorquins, comme tous les peuples méridionaux, son naturellement musiciens et poètes ou, comme disaient leurs ancêtres, troubadours, trobadors, ce que nous pourrions traduire par improvisateurs. L'île de Majorque en compte encore plusieurs qui ont une réputation méritée, entre autres les deux qui habitent Soller. C'est à ces trobadors que s'adressent ordinairement les amants heureux ou malheureux. […]